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CBD et cannabis médical

CBD et cannabis médical

CBD et cannabis médical

Quand les patients reprennent leur santé en main

« Ce jeudi 19 novembre 2020, la justice européenne vient de trancher en faveur du CBD, jugeant illégale son interdiction en France. La Cour a en effet estimé que d’après l’état actuel des connaissances scientifiques, cette molécule ne semblait pas avoir d’effet psychotrope ni d’effet nocif sur la santé humaine. C’est une petite révolution dans le monde de la santé sans ordonnance, car le CBD, qu’il soit présenté sous forme de fleur, d’huile ou de produits alimentaires est désormais libre de vente en France et en Europe ».

Sabine Galien (neurobiologiste spécialisée dans l’addiction)

Avez-vous déjà entendu parler du cannabidiol ou CBD ? C’est un des composants de la plante de cannabis qui n’a pas d’effet stupéfiant (il contient moins de 1 % de THC [tétrahydrocannabinol]), et on lui prête des propriétés relaxantes, antistress et somnifères.

Depuis quelques mois, le CBD est autorisé à la vente dans toute l’Europe, mettant fin à plusieurs années de flou législatif. Depuis, la substance connait un essor fulgurant en France, et des boutiques spécialisées s’ouvrent un peu partout dans de nombreuses villes. 

À la rédaction, nous avons voulu en savoir plus sur ce nouveau phénomène autour des médecines douces, et nous avons donc chargé Élise de recontacter Pierre Simoni (naturopathe et correspondant de la revue qui a pris l’habitude de nous éclairer sur tout ce qui concerne la santé et le bien-être), afin qu’il puisse répondre à toutes nos questions autour de cette molécule très prometteuse.

– Élise : Bonjour Pierre, ravie de te retrouver pour notre rubrique « santé bien-être ». Comment vas-tu ?

– Pierre : Très bien, merci. Ravi également de te revoir et bonjour à tous les lecteurs du magazine.

– Élise : On va parler aujourd’hui du CBD. Je sais que c’est un cannabinoïde très présent dans la plante de cannabis et qu’il est très apprécié pour ses effets relaxants. Mais le cannabis contient aussi du THC, la substance qui fait « planer »… Peux-tu nous rassurer en nous expliquant ce que contiennent ces produits à base de CBD qui sont en vente libre et sans ordonnance en France ?

– Pierre : Oui Élise, tu as raison, je pense que c’est important de commencer par là, pour que nos lecteurs sachent de quoi nous parlons exactement. 

Les produits vendus sous l’appellation CBD contiennent uniquement du CBD et pas la substance « euphorisante » du cannabis (0,2 % maximum). De toute façon, la plante de cannabis n’est pas nouvelle, on l’utilise depuis des milliers d’années et elle a toujours été reconnue pour ses vertus médicales. Cependant, elle est interdite de commercialisation en France en raison de ses effets psychotropes. Avec le CBD, c’est très différent, car si ce cannabinoïde est bien extrait du chanvre, il est totalement dépourvu d’effet stupéfiant ou addictif.

– Élise : Oui, j’en avais déjà entendu parler en 2018 lorsque la législation était encore totalement floue à l’égard de son usage thérapeutique. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

– Pierre : Eh bien dans son arrêt rendu public le jeudi 19 novembre 2020, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé illégale l’interdiction de la commercialisation du CBD en France. Et même si ce CBD est extrait de la plante de cannabis sativa dans son intégralité, et non de ses seules fibres et graines. En gros, ça veut dire que tous les produits à base de CBD peuvent être vendus en France, et que depuis, des tas de boutiques spécialisées ouvrent un peu partout.

– Élise : Oui, j’ai vu ça, on se croirait revenu au temps du démarrage de la cigarette électronique. À Toulouse il y a déjà trois boutiques qui se sont ouvertes en quelques mois… Pourquoi cet enthousiasme des consommateurs ?

– Pierre : Les premiers qui se sont tournés vers ce cannabinoïde étaient les insomniaques et ceux qui ont souffert des confinements et de la pandémie de Covid-19. Lassés par les somnifères et les antidépresseurs aux effets délétères sur la santé, plusieurs se sont rapidement tournés vers le cannabidiol dès que le produit a été légalisé par les instances européennes et qu’il est devenu facilement accessible.

– Élise : En effet, je crois que si les « fumeurs de joints » ont été les premiers à applaudir, très vite une grande partie de la population s’est mise à y regarder de plus près. Comment agit le CBD sur l’organisme ?

– Pierre :  Pour faire simple, contrairement au THC, le CBD n’active pas de manière significative les récepteurs cannabinoïdes 1 et 2 dans le système nerveux central, ce qui rend leur activité moins addictive. De plus, le CBD ne produit pas de changements de perception ou de sensation associés à des activités « récréatives » et/ou « psychédéliques »…

– Élise : Ça veut dire que l’on a les avantages sans les inconvenants de la plante de cannabis ?

– Pierre : Exactement. Le CBD améliore par exemple la qualité du sommeil et de l’endormissement en activant des récepteurs spécifiques du corps humain pour les cannabinoïdes. Le cannabidiol se fixe alors sur ces récepteurs et parvient ainsi à calmer le stress, l’anxiété, les migraines, les règles douloureuses, l’apnée du sommeil, et surtout l’insomnie ou tout ce qui vient troubler la durée et la qualité du sommeil. 

– Élise : Une grande partie de la population souffre de troubles du sommeil et actuellement les insomniaques représentent la grande majorité des personnes qui se tournent vers l’huile de CBD. Elle n’a pas toujours d’effet, mais la plupart ont remarqué que cette huile favorisait leur endormissement, ce qui s’explique par le fait qu’elle augmente le nombre de molécules de mélatonine sécrétées par l’organisme. Quels sont les autres usages les plus courants ?

– Pierre : Le plus spectaculaire est sans doute la lutte contre les crises d’épilepsie. C’est souvent très efficace, mais avant toute utilisation contre les symptômes de cette maladie, il faut bien entendu en parler d’abord avec son médecin qui décidera ou non de prescrire du CBD, surtout pour les enfants. Sinon, ça marche très bien contre l’anxiété et pour favoriser la relaxation. La sensation de bien-être et de détente est très rapide, c’est idéal quand on pratique par exemple le yoga. 

Ça fonctionne aussi sur les douleurs chroniques légères en traitement d’appoint, ou contre les douleurs musculaires et les effets secondaires de certains traitement médicaux.

– Élise : J’ai entendu dire que certains s’en servaient aussi en dermatologie.

– Pierre : Exact, car le CBD a aussi des effets anti-inflammatoires qui sont efficaces pour soulager les peaux irritées ou combattre l’acné et l’eczéma. Le choix des dosages en substances actives, la fréquence d’utilisation et les modes d’administration sont si variés que je recommande très fortement de prendre l’avis d’un professionnel du CBD qui aura pignon sur rue et qui saura conseiller ses clients comme le ferait un pharmacien, mais attention, la profession n’est pas réglementée. 

Il ne faut surtout pas acheter et consommer n’importe quoi trouvé sur Internet. Je sais que j’enfonce une porte ouverte, mais je préfère le rappeler.

– Élise : En effet, le CBD n’est pas un médicament et on le trouve en vente libre, mais il reste quand même un tout nouveau produit. Même si de nombreuses études scientifiques existent à son sujet, il est encore mal connu. D’ailleurs, il est encore interdit de faire des campagnes publicitaires pour le vendre, et c’est sans doute pour ça que l’on en entend si peu parler… Que pensent les médecins de cette substance ?

– Pierre : À ce jour, il n’existe pas de consensus scientifique et médical sur la question, et c’est surtout les témoignages remontés par les utilisateurs du CBD qui font sa réputation. 

Tout ce qui tourne autour du « cannabis médical » est encore tabou en France, alors qu’il se légalise un peu partout dans le monde depuis une dizaine d’années. Mais petit à petit, au même titre que les vitamines, on commence à le considérer comme un complément alimentaire. D’ailleurs, la plupart des médecins reconnaissent que la prise de CBD réduit sensiblement les douleurs articulaires, et que c’est certainement cette action qui pourrait améliorer le confort et la qualité du sommeil des consommateurs. Et si vous abordez le sujet avec votre médecin traitant, il y a de grandes chances pour qu’il vous dise que la législation autour du CBD ou du « cannabis thérapeutique » est encore trop floue, même si les choses évoluent assez vite actuellement. 

D’autres professionnels de santé risquent de vous dire que comme pour l’homéopathie, c’est l’effet placebo qui joue à fond, en soulignant que les gens y croient, car ils sont sensibles au caractère naturel de ce produit issu d’une plante…

– Élise : Justement, quelles sont les différentes façons de consommer le CBD ?

– Pierre : Vous pouvez l’infuser dans du lait ou une matière grasse pour le boire en tisane, ou l’insérer directement dans vos préparations alimentaires sous forme d’huile. En France, on le trouve aussi incorporé dans du chewing-gum, du chocolat, des cookies ou des boissons pétillantes.

– Élise : Les étiquetages sur les emballages et les flacons sont-ils fiables ?

– Pierre : Théoriquement tout produit dont la teneur en THC est supérieure à 0,2 % est interdit de vente sur notre territoire, donc il y a peu de risques. Mais méfiez-vous quand même des feuilles séchées, car elles sont souvent difficiles à identifier et on a souvent du mal à remonter leur origine. Privilégiez donc un achat en boutique qui a pignon sur rue ou sur un site Internet de confiance où on saura vous conseiller et vous orienter vers la meilleure prescription selon vos besoins.

– Élise : Les consommateurs de CBD risquent-ils quelque chose ?

– Pierre : Non bien entendu, on parle là d’infusions et pas de résine à fumer [rires]. C’est juste un nouveau produit santé et il faut un peu de temps pour que les gens le découvrent et le testent. Ils sont eux-mêmes parfois réticents au début, mais pour la plupart, ça a changé leur vie, ou ça a au moins amélioré leur quotidien après des années de consommation de substances chimiques qui ne faisaient plus effet dans leur organisme.

– Élise :  Y a-t-il des effets secondaires possibles ?

– Pierre : Les effets secondaires n’existent quasiment pas, même en cas de surdosage ou de surconsommation. Les cannabinoïdes en général n’entraîneront pas non plus de dépendance contrairement au THC. Si on remplace les somnifères par du CBD, ça ne produira pas non plus d’addiction et il est bien toléré par l’organisme. Néanmoins, et comme je le rappelle toujours, par prudence, si vous souffrez de problèmes de santé, il reste préférable de consulter votre médecin avant toute prise de CBD.

– Élise : Peut-on le conseiller pour des jeunes qui sont mal dans leur peau ou qui souffrent d’anxiété ?

– Pierre : La vente directe de cannabidiol aux mineurs n’est pas autorisée par la loi française, mais si des adolescents en consomment, ça peut toutefois les aider à passer certaines périodes difficiles, comme celle qu’ils vivent actuellement à cause du virus. On a vu que pendant le confinement, certains jeunes étaient très stressés et qu’après des journées entières passées devant les écrans, beaucoup n’arrivaient plus à trouver le sommeil. Certains n’arrivent même plus du tout à travailler et le CBD pris sous forme d’huile peut alors les aider à retrouver plus de sérénité. 

C’est juste un petit « coup de pouce » qui vaut souvent mieux qu’une grave dépression ou une consommation en cachette de THC… Pour les jeunes filles, le CBD peut aussi apaiser des règles douloureuses.

– Élise : Merci beaucoup Pierre pour toutes ces infos, je crois que ça valait le coup d’en parler. Certains lecteurs sont peut-être passés devant des stands qui vendaient du CBD lors de salons spécialisés sur la santé et le bien-être sans savoir pourquoi de « l’herbe » en bocal était mise en évidence sur certains présentoirs… Ils sauront maintenant ce que c’est !

– Pierre : Avec plaisir, Élise. Mes amitiés à tous et au plaisir de vous retrouver au plus vite.

Source : Magazine ikaris n° 21

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